La Forteresse Médiévale de Saint Jean Le Comtal Édifiée en 1052

par Guillaume D'Astarac

 

 

La citadelle de St Jean de Nénos était une des places-fortes du

Comte d'Astarac.

 

Située à l’extrémité d'un replat de 500m environ,  avec de fortes pentes au Nord et au Sud et une vue très dégagée, sur 1 km à l’est et à l’ouest. Elle occupant l’emplacement du village actuel, du mur du cimetière au-delà de l’Ecole.

 

Il y eut plusieurs  constructions:

«  La première, datant du début du IXème siècle, sous le règne de Louis le Débonnaire, fils de charlemagne et Roi d'Aquitaine, pour la défense contre les invasions des Normands vers 834. En 920, elle a échappé aux ravages des Sarrasins d'Espagne qui, pour la 2éme fois, envahirent toute la Gascogne. On peut voir encore, sur ce qu'il reste des remparts au Nord -Ouest, un soubassement de pierres de tout-venant qui était certainement surmonté de palissades en bois. »

 

« Guilhaume, Comte d 'Astarac la fit restaurer en 1050. Les remparts furent édifies en pierres de taille, tel qu'on peut encore le voir sur le pan de muraille existant. La date de 1050 était gravée sur la pierre de voute du portail du midi "Cette date a été attestée par le Vicomte de Villiers de l’Isle Adam, Commandant de la place de Bayonne, mandaté par le Préfet, en 1828, aux fins de vérifier l’état des portes et des murs de ville. Il y a 170 ans, la forteresse était pratiquement intacte.

 

La citadelle occupait un emplacement de 335m de long sur environ 65 à 70m de large. Les remparts extérieurs étaient entourés de fosses sèches. Quatre  portes avec herses et pont -levis s'ouvraient sur ces remparts : une au couchant, au niveau du cimetière, l'autre au levant au niveau de l 'Ecole; une au Sud vers le village de Labejan et une au Nord  vers le village de Lasséran. Les remparts avaient des ouvertures pour y placer des canons et ils étaiesurmontés de créneaux. La hauteur des remparts semble avoir été importante. Dans la 1ère moitié du XIXème, certains habitants s'étaient permis de dédoubler et d'abaisser les murs de ville pour construire et y adosser leurs maisons d'où l'expertise de Villiers de l'Isle Adam, en 1828, à la suite-de plaintes. Les créneaux étaient nettement au-dessus des maisons actuelles au Nord de l'église. Vus du Nord du Village, ces remparts devaient être impressionnants.

 

Derrière les murailles extérieures, au levant comme au couchant, il n'y avait aucune construction jusqu'aux remparts intérieurs. C'est la basse-cour, partie de la forteresse ou venaient se réfugier les serfs avec leurs bêtes lorsque le pays était menacé.

 

Nous atteignons la citadelle intérieure, au milieu de la forteresse: 2 nouveaux fosses et 2 nouveaux remparts, celui du couchant encore visible, celui du levant à droite du clocher. Deux nouvelles portes avec herse et pont -levis; sur ces deux portes, une prison.

 

Si l'on imagine la construction, telle que décrite, St. Jean de Nénos devait donner une impression de force et de puissance. Lors de la construction de la villa de Mr Mme Mengelle, en face l’église des fondations d'une épaisseur de 2,50m à 3m furent mises à Jour.

 

St Jean était réputé imprenable avant l’invention du canon.

 

Pourtant la citadelle intérieure fut détruite en 1577 au cours des guerres de religion. A cette date, Henri de Navarre, futur Henri IV, assiège Mirande dont il s'empare. Il met la ville sous la garde du seigneur de St. Cricq, gentilhomme qui, bien que catholique, était son affidé. Les armées catholiques, venues de Marciac, l’assiègent. St. Cricq a du mal à résister. Il appelle en renfort Henri qui est en train de mettre le siège devant Marmande. Lorsqu'enfin il arrive avec ses troupes, il est trop tard: St Cricq et ses hommes ont été massacrés, brûlés et Mirande reprise par les catholiques.

 

Henri renonce à commencer un nouveau siège. Il décide de se replier vers Jegun en se réfugiant d'abord dans le château comtal de St. Jean, réputé imprenable. Les catholiques le poursuivent, prennent la citadelle et y mettent le feu. Henri et ses hommes s'enfuient vers Jegun où ils seront nouveau assièges par les catholiques mais il n'y aura pas de combat.

 

250 ans plus tard, en 1828, date d'inspection de la forteresse par le Vicomte de Villiers de l'Isle Adam, les traces rougeâtres de l'incendie étaient encore visibles sur les pierres des remparts et des murs de l’église.

 

C’est à partir de 1830 que la forteresse commença à être démantelée. Les matériaux servirent à  la construction des maisons.

En 1833, à  la suite d’une protestation des charretiers qui ne pouvaient pas passer avec leurs chars chargés de bois par la porte du village - qui devait ressembler à  la porte Sud conservée et restaurée à Lasséran - le Conseil se décida, malgré les protestations du Comte de Montlaur , à démolir ladite porte .Ainsi disparut l'un des derniers vestiges de la forteresse de St. Jean.

 

Note de l’auteur, propos d'un passage d'Henri de Navarre, à St Jean : Il y a des divergences entre la relation qu'en fait Camille de Montlaur (page 54 de ses mémoires) et celle que j'ai lue, sur le même épisode, dans l’ouvrage «Mirande et son pays», chapitre (écrit par MM. Laplagne-Barris et Pierre Trouette: le XVIéme siècle: Renaissance et Reforme pages - 91 à 94 - Sully, resté sur Mirande, a été témoin oculaire des faits et les d’écrits , avec circonstances.

 

J’ai donc choisi de privilégier la version de celui qui a écrit. «Pâturages et labourages, sont les deux mamelles de la France.» «Pâturages et labourages, sont les deux mamelles de la France.»

 

Il reste une ancienne tradition orale, à St. Jean: Henri de Navarre se serait enfui de la citadelle, en sautant d'une fenêtre a l'ancien couvent, pour se diriger vers Jegun, par le chemin de crêt , en passant par une ferme, appelée depuis «la Ritoure»  - lou Rei tourno.

 

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Merci à Monsieur Michel Boue et Monsieur Eric Abadie pour leur aide et leurs conseils. Aussi d’après le livre de Pierre Delbac : « La Mémoire d’un village du Gers : St-Jean-Le-Comtal »

 

Forteresse Médiéval Réalisation 3D

Cliquez ici pour plein écran photo réalisation diaporama. Ce projet est en cours pour afficher un concept du village à l'époque médiévale plus détaillées. (19)  DN 2014

 

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Saint Jean le Comtal 2015